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[Série en immersion] Ma quête de vision : trois jours, trois nuits, seule dans la forêt et à jeun

Je suis partie cet été vivre une drôle d’expérience, une « quête de vision » : trois jours et trois nuits seule dans une forêt suisse, sans manger, sans montre, sans personne à qui parler. Au micro, avant le départ, j’avoue avoir peur, de la chaleur, de mal m’organiser, du loup aussi (oui oui), une peur presque risible avec le recul.

Cette série en six épisodes raconte cette expérience du départ au bilan, enregistrée depuis mon campement, parfois cachée sous mon duvet pour couper le vent. J’y cherche surtout à écouter mon intuition, cette petite voix qui sait parfois des choses que la raison ignore encore.

Pas de feu d’artifice spirituel au programme. Juste trois jours de ralenti, une confiance en soi qui se construit doucement, et un bilan, un mois plus tard, qui m’a surprise autant que l’expérience elle-même.

Pourquoi partir seule, à jeun, dans une forêt ?

J’aime l’été me lancer dans des expériences qui sortent du cadre : un voyage au Rajasthan, un stage sur le féminin sacré au Québec, une retraite de yoga kundalini. Cette année, mes recherches m’ont menée vers la quête de vision, un rite ancestral qui consiste à s’isoler trois jours dans la nature, sans nourriture, pour se retrouver face à soi.

Nous sommes huit participants accueillis par Frédéric et Violaine, dans une forêt du canton de Vaud. La règle est radicale : un campement de quatre mètres de diamètre, délimité par des pierres choisies une à une, et on n’en sort plus. La cérémonie d’ouverture, tambours et décoction de plantes, précède la première nuit, seule, dans son cercle.

Que traversent le corps et l’esprit dans le silence ?

La première journée complète devient une leçon de lenteur. Allongée dans mon cercle, j’observe la course du soleil, un écureuil, un orage qui gronde sans jamais éclater. C’est un ennui particulier, que je nomme au micro un ennui d’abandon, un ennui qui n’est pas ennuyeux.

Le lendemain, mon corps me surprend. Je dors longtemps, sans fatigue apparente pour l’expliquer, et la faim se transforme en images très sensuelles de fruits, du raisin surtout. Allongée, je sens aussi le besoin de revisiter les derniers mois avec mon père, décédé quelques mois auparavant. La tristesse est là, mais surtout une douceur inattendue. Un automassage vient plus tard réconcilier un peu mon corps avec ma tête, qui prend souvent toute la place.

Comment se termine une quête de vision ?

Le troisième matin arrive avec une fatigue plus marquée, la moindre tâche demande un effort disproportionné. Au village, les retrouvailles avec le groupe ont quelque chose d’étrange après trois jours de silence total. Le goût d’une simple tomate devient presque inoubliable après le jeûne.

Le cercle de clôture rassemble les récits de chacun. Certains décrivent des visions marquantes, moi je partage une expérience plus sobre, faite de ralenti et d’abandon. Le soir, à l’hôtel, une douche se hisse sans mal sur le podium des meilleures de toute ma vie !

Qu’est-ce qui reste, un mois plus tard ?

J’enregistre ce bilan début septembre, pour voir ce qui a tenu face au rythme de la rentrée. Premier constat : nos peurs sont souvent bien plus grandes que la réalité. Chacune des miennes s’est effondrée au contact du vécu.

Deuxième constat : un besoin de silence et de lenteur s’est installé, discret mais réel, marcher sans podcast dans les oreilles, déjeuner sans bruit de fond, des instants brefs mais très ressourçants. Dernier constat, plus inattendu : je comprends mieux mon rapport au développement personnel, une recherche d’intensité autant qu’une quête de connaissance de soi.

Ce que cette quête de vision m’a appris

Trois choses restent, depuis mon retour.

  • Nos peurs anticipées sont presque toujours plus grandes que ce que le réel nous réserve.
  • Le corps et l’esprit savent ralentir, à condition qu’on leur en laisse l’occasion, ici en forêt, mais ailleurs aussi.
  • Et sans distraction ni échappatoire, une décision inconfortable finit par s’imposer d’elle-même. C’est un exercice que je continue, depuis la forêt, à pratiquer chez moi.

Retrouver ce ralenti au quotidien

Pas besoin d’un cercle de pierres pour s’approcher de ce que cette expérience a réveillé. Marcher sans rien dans les oreilles, ne serait-ce que dix minutes, ralentit naturellement le pas et l’esprit. S’accorder un repas sans écran ni série en fond change la façon dont on ressent le goût. Et poser une intention claire avant une décision qui bloque aide à repérer, parmi les options, ce qui sonne juste.

Écouter la série complète

Si cette traversée vous parle, les six épisodes de cette série en immersion sont disponibles dans leur intégralité sur La petite voix, en podcast : le récit complet, jour après jour, des peurs du départ jusqu’au bilan un mois plus tard.

Retrouvez la série sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer, YouTube, ou sur lapetitevoix.co. Et si vous l’écoutez, venez m’en parler sur Instagram ou Facebook, La petite voix, le podcast.

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